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Un réseau unique au monde
En Suisse, le système des transports publics fonctionne par le biais d'une grande variété de moyens: chemins de fer à voie normale et à voie étroite, lignes à crémaillère, funiculaires, téléphériques, télécabines, télésièges, ascenseurs, bateaux à vapeur et à moteur, tramways, trolleybus, autobus et cars postaux. Et le miracle dans toute cette diversité, c'est que tout le système fonctionne en réseau, avec une offre d'horaire commune publiée dans l'indicateur officiel et une offre tarifaire intégrée. Ainsi, le voyageur peut se rendre n'importe où avec un seul billet, même s'il emprunte les lignes de plusieurs entreprises et différents moyens de transport.
L'épine dorsale de ce réseau est constituée par les lignes ferroviaires d'intérêt général qui totalisent environ 5000 km, dont près de 3000 km appartiennent aux Chemins de fer fédéraux (CFF SA), alors que plus de 2000 km relèvent de quelque 50 entreprises dites privées, mais appartenant en fait aux collectivités régionales et locales. Ces dernières possèdent chacune leur propre matériel roulant avec des couleurs distinctes et qui confèrent à l'ensemble une image attractive

Sur cette infrastructure viennent se greffer les services de cars postaux et d'autobus qui assurent la distribution fine dans les campagnes. Leur importance est trop souvent sous-estimée, alors que la longueur cumulée de toutes ces lignes atteint 13'000 km et dépasse largement celle du réseau ferroviaire. Quelques rares localités ne sont atteignables que par bateau ou par des transports à câbles.
Les agglomérations disposent de dessertes étoffées par RER, métros, tramways, trolleybus et autobus, parfois même par funiculaires. Ces réseaux sont indispensables pour maîtriser quotidiennement les fortes pointes de trafic des pendulaires, tout en permettant de maintenir la mobilité dans les villes.
Autre exemple de bonne coordination: les liaisons rail-aéroport à Zurich et à Genève. Les aéroports sont intégrés dans le réseau ferroviaire des grandes transversales helvétiques. Il est donc possible, sans changer de train, d'atteindre les aéroports à partir de la plupart des villes du pays. L'enregistrement du voyageur aérien et de ses bagages peut déjà se faire à la gare de départ, de même que l'envoi direct des bagages vers les aéroports des cinq continents.
En trafic international, les CFF sont rattachés aux systèmes à grande vitesse des pays voisins: TGV vers la France, ICE vers l'Allemagne et Pendolino vers l'Italie.
Toute cette chaîne de de moyens de transports fonctionne comme une horloge. En 1982, l'horaire cadencé est lancé à l'échelle du pays avec le slogan "toutes les heures un train". Les départs se répètent d'heure en heure; l'horaire est donc simple à mémoriser, ce qui donne à la clientèle un sentiment de mobilité accru. Entre-temps, le système s'étend aux autobus et il continue à se développer vers la cadence à la demi-heure, déja réalisée sur de nombreuses lignes ferroviaires et routières.
Les grands projets Rail 2000 et AlpTransit rendront le réseau ferroviaire suisse encore plus performant et plus attractif, cela progressivement dès 2004.
Quelques dates importantes
1823 Premier bateau à vapeur "Guillaume Tell" sur le Léman
1844 Chemin de fer Strasbourg-Bâle
1847 Premier chemin de fer suisse: Zurich-Baden
1860 Liaison achevée à travers tout le pays, de Genève à Coire et au lac de Constance
1862 Premier tramway: Genève-Carouge
1871 Premier chemin de fer à crémaillère: Vitznau-Rigi
1873 Première ligne à voie étroite: Lausanne-Cheseaux
1877 Premier funiculaire: Lausanne-Ouchy (crémaillère depuis 1958)
1882 Ligne du Saint-Gothard, première traversée des Alpes
1888 Ligne du Brunig: Alpnachstad-Brienz (1889 Lucerne, 1916 Interlaken)
1888 Premier tramway électrique: Vevey-Montreux-Chillon
1890 Introduction de l'abonnement demi-tarif
1898 Introduction de l'abonnement général
1902 Création des CFF par le "rachat" des anciennes compagnies par la Confédération
1903 Ligne de l'Albula: Coire-St. Moritz (Chemin de fer rhétique)
1905 Chemin de fer Montreux-Oberland-Bernois: Montreux-Zweisimmen
1905 Première ligne d'autobus concessionnée en Suisse: Liestal-Reigoldswil
1906 Tunnel du Simplon, deuxième percée des Alpes (traction électrique)
1906 Premier autocar postal: Berne-Detligen
1910 Ligne de la Bernina, plus haute traversée des Alpes (2253 m)
1912 Premier trolleybus: Fribourg-Posieux (1916 Farvagny)
1912 Le chemin de fer atteint la gare la plus élevée: Jungfraujoch (3454 m)
1912 Premier téléphérique: Grindelwald-Wetterhorn
1913 Ligne du Loetschberg, troisième percée des Alpes (traction électrique)
1922 Traction électrique Lucerne-Saint-Gothard-Chiasso
1927 Traction électrique Genève-Rorschach
1930 Création du Glacier-Express: Zermatt-St. Moritz
1935 Lancement des Flèches rouges
1957 Création des Trans-Europ-Express
1960 Achèvement de l'électrification du réseau CFF
1980 Liaison rail-aéroport à Zurich
1982 Horaire cadencé suisse
1982 Tunnel de base de la Furka: Oberwald-Realp
1987 Abonnement demi-tarif à prix "écologique"
1987 Liaison rail-aéroport à Genève
1990 Réseau Express Régional (RER ou S-Bahn) à Zurich avec rames à deux niveaux
1993 Premier coup de pioche pour le tunnel de base du Saint-Gothard
1999 Tunnel de la Vereina: Klosters-Sagliains
2001 Mise en service des rames inclinables ICN sur le Pied du Jura
Découvrir les beautés de la Suisse par bateau et chemins de fer de montagne
Sur les chemins de fer et les services routiers d'intérêt général, la clientèle se compose d'hommes d'affaires, de pendulaires (travailleurs et étudiants) et d'une bonne proportion de touristes. Intégrés dans la chaîne des moyens de transport, les services de navigation et les lignes de montagne sont un atout essentiel du tourisme en Suisse.
Naviguer !
Des services de navigation fonctionnent avec des horaires de type ferroviaire sur la plupart des lacs et sur certains fleuves et rivières (Rhin, Rhône, Aar, Thielle, Broye, Limmat). La flotte comprend quelque 200 unités, dont les plus grandes peuvent accueillir jusqu'à 1500 personnes. La vague de nostalgie a permis de sauver les derniers bateaux à roues et à vapeur qui ont été soigneusement rénovés pour la plupart d'entre eux. Les deux entreprises les plus importantes sont celles du Léman et du lac des Quatre-Cantons, mais d'autres connaissent aussi une intense activité. Les services de navigation proposent certes des croisières estivales plus ou moins longues, mais ils permettent aussi de gagner fort agréablement certains sites culturels ou touristiques. Sur certains lacs, des prestations utilitaires sont assurées tout au long de l'année.
Gravir les sommets !
Grâce au talent et à l'esprit pionnier des ingénieurs au tournant du 19e et du 20e siècle, il est possible d'atteindre confortablement les plus beaux sommets du pays. Un tel voyage constitue par lui-même un événement inoubliable.
Les lignes de montagne font appel à plusieurs techniques: chemins de fer à crémaillère, funiculaires, téléphériques, télécabines et télésièges.
Au nombre de 26, les chemins de fer à crémaillère offrent quelques exclusivités. Citons l'accès au Jungraujoch, la gare la plus élevée d'Europe, située en plein milieu des Alpes bernoises. De même le Glacier-Express - l'express le plus lent au Monde - relie Zermatt à St. Moritz à travers le cols de la Furka, de l'Oberalp et de l'Albula. La ligne Brienz-Rothorn est la seule qui n'est pas électrifiée; il y circule dix locomotives à vapeur et trois locomotives diesel. La déclivité maximale des lignes à crémailère est habituellement de 250 o/oo, mais celle du Pilate remporte la palme avec 480 o/oo, cela grâce à une crémaillère à double denture horizontale (système Locher).
Au nombre de 50, les funiculaires sont utilisés aussi bien en trafic urbain qu'en montagne; ils connaissent un nouvel essor et différentes lignes ont été construites ces dernières années, d'autres ayant subi de grandes transformations pour élever la vitesse et la capacité. Parmi ces nouvelles lignes figurent celles de Saint-Luc (Valais) et du Moléson (Préalpes fribourgeoises), le Fun'ambule de l'Expo.02 à Neuchâtel et les métros alpins de Zermatt et de Saas-Fee. Ce dernier atteint avec 3456 m le point culminant des transports publics en Suisse.
L'indicateur officiel recense 335 sections de téléphériques et engins similaires, tels que télécabines et télésièges. Ces moyens sont utilisés aussi bien pour la desserte de villages de montagne que pour faire usage de remonte-pente pour les skieurs.
Les cars postaux, qui prennent le relais du train pour la desserte des vallées reculées, jouent également un rôle touristique, notamment pour le franchissement des prestigieux cols alpins.
Transports urbains pour une meilleure qualité de la vie
La circulation urbaine est synonime de bouchons et de pollution. Or, la mentalité helvétique est intimement liée aux notions de qualité de la vie et de service public. Aussi, les transports en commun connaissent-ils en général une situation privilégiée, même si elle est plus ou moins accentuée selon les régions. Zurich, Bâle et Berne disposent de réseaux très étoffés de RER et de tramways de grande capacité qui se suivent à de brefs intervalles. Grâce à ces bonnes prestations, la part de trafic assurée par les transports publics est particulièrement élevée dans ces grandes agglomérations. A Zurich, elle atteint 78% de l'ensemble du trafic urbain. Dans tout le pays, les réseaux sont en pleine évolution avec une certaine priorité en faveur du rail. Les tramways de Bâle, Zurich, Berne et Genève se développent et de nouvelles lignes de RER sont prévues dans ces villes. Une première suisse est en voie de réalisation dans l'agglomération de Zoug: dès 2004 sera mis en service le "Stadtbahn Zug", un réseau hybride train-tram. Dans l'optique du futur métro nord-sud, Lausanne dispose au Flon d'une station centrale où convergent métros et trains de banlieue. Neuchâtel offre une nouvelle liaison rapide par funiculaire entre la gare et le lac, vers Expo.02. Partout, le parc de matériel roulant subit une sérieuse cure de rajeunissement avec la livraison massive de tramways, trolleybus et autobus surbaissés. Ces véhicules, d'un accès plus aisé, offrent des possibilités nouvelles, notamment aux mamans avec poussette et aux invalides en chaise roulante. En outre, l'embarquement est plus rapide, ce qui permet de gagner du temps aux arrêts et d'arriver plus vite à destination.
Parmi les efforts destinés à développer les transports publics dans les agglomérations, il convient de mettre l'accent sur les 25 communautés tarifaires qui permettent au client d'utiliser les services de plusieurs entreprises avec le même billet ou abonnement. L'abonnement général est aussi valable sur la plupart des réseaux urbains. Après les efforts consentis en faveur de la formule "parc + rail", des réflexions portent sur l'accès des piétons et cyclistes qui sont aussi clients des transports publics.
Toutes ces nouveautés techniques et tarifaires se traduisent par un accroissement bienvenu de la clientèle. Mais pour parvenir à réduire la circulation automobile et à rendre les villes plus conviviales, les solutions les plus audacieuses devraient se multiplier. Or, les réalisations se heurtent à l'insuffisance de moyens financiers. Pour la première fois, le Conseil fédéral envisage une participation aux investissements du trafic d'agglomération. L'aide de la Confédération est indispensable pour réaliser les infrastructures nécessaires. "En ville sans ma voiture"... Oui, mais avec des transports publics performants !
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